Témoignage du père de Tom

Vendredi 17 août 2007, par Willem Kuypers // Textes chrétiens

« La voiture roulait à toute vitesse sur la grand-route. Mes mains s’éloignaient de plus en plus du volant. Comment était-ce possible ? Cela ne pouvait pas être vrai ! Je devais rêver. Plus je m’acharnais à essayer de tenir le volant, plus mes mains s’en éloignaient. Une puissance irrésistible repoussait mes mains sur les côtés. Je n’avais jamais senti la puissance de Dieu auparavant. Je ne croyais pas qu’une telle force pouvait exister. »
Ces paroles jaillissaient de la bouche d’un adolescent racontant à son père les expériences qu’il avait faites deux heures plus tôt.

En fait, cela avait commencé depuis longtemps, lorsque Tom avait décidé qu’il ne voulait plus rien avoir à faire avec la religion de ses parents. Dieu, c’était pour les gens qui n’avaient rien de mieux à faire pour occuper leur temps. Une vie passionnante l’attendait et il ne voulait pas du fardeau consistant à essayer d’être « religieux ».

Les parents de Tom priaient pour lui avec ferveur, mais rien ne semblait s’améliorer. Devant sa rébellion, ils ont essayé de restreindre sa liberté est ses privilèges. Ils ont aussi tenté de prier davantage, manifester plus de gentillesse et d’amour, mais rien n’y faisait. Tom se passionnait de plus en plus pour les sorties nocturnes, la boisson, le langage grossier et la drogue. Au fur et à mesure que les parents prenaient conscience de ce qui se passait, leurs cœurs étaient saisis par la peur. Celui qu’ils aimaient tant était en train de gâcher sa vie et ils se sentaient impuissants. La situation était rendue encore plus insupportable du fait que le père de Tom était pasteur baptiste. Aux yeux des autres, tout donnait l’impression que « quelque chose n’allait pas du tout » dans la maison du prédicateur.

Un soir, à la fin d’une réunion où je venais de parler, j’ai rencontré le père de Tom pour la première fois. Son visage était radieux. Il rayonnait tellement que j’ai pensé : « Voilà un homme qui sait que la vraie joie se trouve en Jésus. » Il s’est approché de moi en souriant et s’exclamant : « Louange au Seigneur ! ».

Il s’est présenté ainsi : « Je suis un pasteur baptiste qui a été rempli du Saint-Esprit il y a deux semaines seulement, et je n’ai pas encore touché terre depuis. » Je voyais qu’il était débordant de l’Esprit de Jésus.
Puis il m’a raconté ce qui s’était passé quelques jours après son baptême du Saint-Esprit. Il a reçu un appel téléphonique de l’école de Tom, lui demandant de venir parler avec le directeur. L’entretien a confirmé ses appréhensions concernant son fils.

-  « Pourquoi Tom n’est-il pas venu à l’école ? »
-  « Je pensais qu’il y était ! a protesté le père. Il quitte la maison tous les matins à l’heure de l’école. »
-  « Non, il n’a pas assisté aux cours, a expliqué le directeur. Je viens d’apprendre qu’il est allé en montagne avec des copains et que, dans une cabane forestière, ils ont passé la journée à boire et à fumer de la marijuana. Il va falloir que vous vous occupiez de lui. »

Sur le chemin du retour, ce père a senti le découragement épuiser sa joie nouvellement reçue. Puis il s’est souvenu de ce qu’il avait lu dans De la prison à la louange . Il s’agissait de la puissance que Dieu manifeste lorsqu’on le remercie en toute situation et qu’on lui fait confiance. Ce père a donc loué Dieu pour sa nouvelle expérience, croyant qu’il bénissait Tom malgré les apparences.
Ce soir-là, il a pris son fils à part dans le bureau et lui a dit : « J’ai parlé au directeur et il m’a raconté ce que tu as fait. »
Au début, Tom a paru surpris, puis son visage s’est fermé. Il s’attendait à une remontrance, suivie d’un sermon l’appelant à abandonner sa vie à Dieu. A sa grande surprise, et à celle de son père lui-même, il a entendu les mots suivants :
« Tom, j’ai appris quelque chose que tu ne peux pas comprendre maintenant, mais je te remets entre les mains de Dieu. J’ai décidé de lui faire confiance et il accomplira le meilleur pour toi. J’ai essayé de faire de mon mieux, mais ça n’a pas marché. Je laisse donc Dieu faire ce qu’il voudra. J’ai maintenant la paix à ton sujet et je suis reconnaissant pour ce que tu es. »
« Cette fois, le vieux a vraiment perdu la tête » s’est dit le garçon.

Le père devait ensuite partir pour une réunion à l’église. Il était toujours rempli de joie. Christ portait réellement le fardeau à sa place. A son retour, deux heures plus tard, Tom était assis sur le canapé, riant et pleurant à la fois. S’étant assis à son côté, le père a demandé :
-  « Qu’est-ce qui ne va pas, Tom ? »
-  « Quand tu es parti, j’ai pris la voiture, bien décidé à aller voir un copain pour m’amuser un peu. Pendant que je conduisais, une force puissante a arraché mes mains du volant. » Le père a d’abord pensé : « Il a fracassé la voiture ! » Mais très vite, il s’est souvenu avoir vu le véhicule en entrant.
« J’étais terrifié devant l’imminence de la catastrophe, quand une voix m’a dit : Change de direction et arrête-toi ! »
« J’entendais la voix, mais sans pouvoir dire d’où elle venait. J’ai essayé de reprendre le volant pour changer de route. Cette fois, tout s’est passé normalement. J’ai bifurqué et arrêté le moteur.
« Ton père t’a remis entre mes mains. »
« La voix me parlait de nouveau et je savais que c’était Dieu. Mais je me suis dit : ça ne peut être lui. Il n’existe même pas.
« Maintenant vas-tu te repentir et me demander pardon ? » a dit la voix.
« Tout à coup, j’ai réalisé à quel point j’étais pécheur. Je pouvais sentir, voir et comprendre ma misère. J’ai commencé à pleurer, tout en demandant à Dieu de me pardonner. Après avoir demandé pardon pour tout ce qui revenait à mon esprit, j’ai senti une sorte de joie me remplir de l’intérieur. Je riais et je pleurais. Je n’ai pas cessé depuis. »

P.-S.

(C’est Merlin Carothers qui parle et raconte ce récit dans : Réponse à la louange, Editions Foi et Victoire, Lillebonne, 1995 pp. 127-130.)